Diogene a écrit :Les bibliophiles avertis
C'est quoi cette espèce là ? C'est le niveau au dessus des simples lecteurs ?
merlinenchant a écrit :ajacques a écrit :Hier soir j'ai lu le premier chapitre du Déchronologue (c'est peu je vous l'accorde mais j'avais aussi envie de regarder Arrested Development) et bah je sens que ça va me plaire.
Merci à celui, celle ou ceux qui l'ont conseillé !
(et je sens que les tempêtes de Saint-Aubin vont être un bel environnement pour le bouquin)
Je ne suis pas un fervent de la lecture, d'ailleurs jusqu'à présent j'ai du lire que 2 livres en intégralité:
Le grand Meaulne
et la nuit des temps de Barjavel
Mais la ton livre Déchronologue me tente bien. Le thème a l'air plaisant.
Benoît Cauet a écrit :Sur les conseils de je ne sais plus qui, j'ai lu Les chroniques de l'oiseau à ressort.
J'ai trouvé excellent, je le recommande vivement.
Abidbol a écrit :Les amateurs de littérature noire ( il y en a) et les accrocs du kikapença ( ils sont nombreux) pourront lier leur deux passions en lisant Hérésie du grand Charles Willeford chez Rivages. C est l'histoire d un jeune critique d'art, sans doute le meilleur critique des USA, donc sans doute le meilleur du monde entier. Notre héros est psychopathe. Heureusement, pas de psy, de flic, ou de profileur pour nous le faire comprendre. C'est un beau héros.
Bukowski a écrit :« Ca a commencé par erreur.
C'étaient les fêtes de Noël et j'avais appris par le pochard en haut de la côte, qui faisait le coup à chaque Noël, qu'ils embauchaient quasiment n'importe qui, alors j'y suis allé et sans avoir le temps de réaliser je me suis retrouvé avec une sacoche en cuir sur le dos à cavaler comme bon me semblait. Parlez d'un boulot, que je pensais. Peinard ! Ils vous donnaient juste un ou 2 pâtés de maisons à faire et si vous arriviez à finir, le facteur titulaire vous en donnait encore un autre à distribuer, ou alors vous pouviez rentrer et le chef vous en donnait un autre, mais surtout, vous preniez bien tout votre temps pour fourrer ces cartes de Noël dans les fentes. (…) »
« (…) Alors le vieux a fait un gros chèque à Joyce et ça y était. On a loué une petite maison sur une colline, et puis Joyce s'est mise à me sortir toute cette morale stupide.
« On devrait trouver un travail tous les deux », disait Joyce, « pour leur prouver que tu cours pas après leur argent. Leur prouver qu'on peut se débrouiller tout seuls. »
« Baby, c'est de la gaminerie. N'importe quel crétin est capable de mendier un boulot quelconque ; mais faut être un sage pour l'étaler sans travailler. Ici on appelle ça "la démerde". J'aimerais être un bon démerdard. » (…) »
« (…) Je sais pas comment ça arrive aux gens. J'avais une gosse à nourrir, besoin de boire quelque chose, y'avait le loyer, les chaussures, chemises, chaussettes, tous ces trucs. Comme tout le monde j'avais besoin d'une vieille voiture, quelque chose à manger, tous les petits aléas.
Comme les femmes.
Ou un jour aux courses.
A vivre au jour le jour et sans porte de sortie, vous n'y pensez même pas.
Je me suis garé en face du Federal Building et j'ai attendu que le feu passe au vert. J'ai traversé. Poussé les portes à battants. C'était comme si j'avais été un morceau de fer attiré par un aimant. Je n'y pouvais plus rien.
C'était au 1er étage. J'ai ouvert la porte et ils étaient là. Les employés du Federal Building. J'ai remarqué une fille, la pauvre, un bras seulement. Ca faisait une éternité qu'elle était là. C'était comme être un vieux pochard comme moi. Enfin, comme disaient les gars, faut bien travailler quelque part. Alors ils acceptaient ce qu'il y avait. C'était la sagesse de l'esclave.
Une jeune noire s'est approchée. Elle était bien habillée et contente de sa situation. J'étais content pour elle. Avec son job, moi, je serais devenu cinglé.
« Oui ? » elle a dit.
« Je suis préposé aux postes », j'ai dit, « je veux démissionner. »
Tieum a écrit :Ce roman est peut-être mon préféré du vieux Hank. Ceci doit tenir à la verve dont on sent animée cette oeuvre de sa 'jeunesse' littéraire.
Un bref retour sur le contexte : ecrit à 50 ans, ce premier roman revient sur les années les plus sombres de la vie de Bukowski : écrivain misérable de poêmes scandaleux, ivrogne notoire, baggareur impénitent, il se lance, un peu par hasard, dau service des nobles postes américaines, avec la ferme intention de tout plaquer une fois avoir réuni suffisemment d'argent pour boire et jouer aux courses un bout de temps. Il y restera 20 ans, avant de tout plaquer, non seulement pour boire et jouer, mais aussi pour écrire.
On y retrouve toute la sombre poésie maudite, le fiel tiède et indolent qui caractérise à mes yeux chaque livre de Bukowski. Désabusé, humilié, confronté aux chefaillons, aux crèves la faim à mi-temps, mais surtout à lui-même, ses déceptions, ses abandons, ses échecs, sa libido galopante et son ventre mou.
Crade, pauvre, malodorant, humilié, écoeuré...j'ai parfois presque des scrupules à aimer ce livre en imaginant les forces qui ont pu le faire accoucher de la grosse panse de Buk.
Karibou a écrit :Si vous avez envie de vous lire un livre de Bukowski je vous recommande Le postier, il y a son style incroyable qui s'exprime à chaque page, ça donne un bouquin hilarant nourri d'anecdotes sur le monde du travail salarié et les relations conjuguales. C'est court et bon, ça fait du bien et ça donne envie de se bourrer la gueule avec lui pour dire et entendre plein de conneries qui donnent un sens à la vie de chien.