Merci Karibou pour cette tribune que je n'avais pas vue.
Elle a été publiée dans l'édition papier ? Parce que, bon, c'est de la grosse merde en barre.
C'est à la fois discutable, erroné, mensonger et inquiétant.
Discutable : c'est le postulat habituel. Emettre de la monnaie, cela favorise l'inflation. La politique menée par le BCE, tout comme celle menée par le Fed (USA) ou la Banque d'Angleterre va nous apporter une vague inflationniste sans précédent.
Ce postulat est très discutable, il a été (re)popularisé dans les années 1970 par Milton Friedman et reste très prégnant, y compris au sein des boards des Banques centrales. Mais ceux-ci sont aussi composés de gens pragmatiques et observateurs ; et ils notent qu'une augmentation de l'offre de monnaie dans un contexte de hausse du chômage et de stagnation économique (ce que nous avons depuis 2008) ne produit pas cette hausse des prix.
Est-ce que l'épicier du coin va s'amuser à monter tous ses prix alors que son activité baisse et qu'il craint perdre ses clients au profit de l'épicerie d'en face ? C'est la même chose pour l'ensemble de l'économie.
Aujourd'hui, l'inflation que l'on observe en Europe (entre 2 et 3%) reste historiquement faible et est due aux pressions à la hausse sur les matières premières et l'énergie. Ce n'est pas la conséquence de l'action de la BCE.
Ca c'est pour le côté discutable de la fable. Mais c'est fondamental.
Les erreurs et mensonges :
La BCE n'active pas la planche à billets pour financer les déficits budgétaires. La BCE intervient pour soulager les banques et investisseurs qui ont des difficultés et se débarrasser de titres de dette qu'ils ont en leur possession. Elle intervient donc sur le marché secondaire des dettes publiques, par auprès des Etats directement. Son action ne paie donc pas les dettes des Etats.
Ensuite, une belle contradiction. L'auteur avoue ne pas savoir dans combien de temps l'inflation se manifestera ni sur quel marché elle s'exprimera "'l'inflation est mal comprise et c'est donc une taxe qu'on ne maîtrise pas. Aujourd'hui, on ne sait pas si toute la monnaie créée mondialement depuis cinq ans déclenchera de l'inflation à hauteur de 3 %, 5 %, 15 % ou 1 000 %, ni quand cette inflation apparaîtra et dans quel domaine elle s'exprimera. Prix de l'immobilier ? Prix de l'énergie ? Prix de l'alimentation ?".
L'inflation, c'est la hausse du niveau général des prix. Une hausse de prix spécifique sur un marché, ce n'est pas de l'inflation.
Autre mensonge, nous faire croire que les inégalités sociales observées aux Etats-Unis sont provoqués par la politique monétaire ... Ces inégalités ont explosé depuis les années 1960-1970, par des diminutions des taux d'imposition, une baisse de la progressivité de ceux-ci et une diminution des droits de succession. La monnaie n'est en rien responsable !
Pour l'aspect inquiétant et dangereux, c'est bien sûr l'appel à la déflation. La déflation, c'est le contraire de l'inflation, la baisse du niveau général des prix.
Ces situations sont toujours provoquées par un très net ralentissement de l'activité économique. Et c'est ce collapse qui provoque une baisse des prix. C'est la situation économique observée dans les années 1930 dans de nombreux pays européens (dont la France) et qui fut dramatique socialement.
Comment dans un contexte de ralentissement économique "les jeunes" parviendraient à se constituer des patrimoines ? C'est absurde ! Restez à Londres derrière votre écran.
Bonus :
Pourquoi la TVA n'est pas un impôt injuste ?
"Pour ce qui est de la TVA, il suffit juste de moins consommer pour moins la payer !"
