Beau parcours de politique, je ne lui ferais qu'un reproche, un an avant les présidentielles de 2002 il caracolait en tête des sondages.
Il s'est arrêté de faire des réformes et se voyait déjà président.
L'histoire lui dira le contraire
monamipierrot12 a écrit : 23 mars 2026 19:46.
Il s'est arrêté de faire des réformes
Ca date un peu mais j'ai pas le souvenir que ça ait été ça le souci. Il y a eu un incroyable éparpillement des voix à gauche, parce que (conforté par les sondages qui lui donnait pas mal d'avance ?) Jospin s'était vachement recentré (alors que dans son bilan, y'avait déjà un paquet de privatisations...). Il s'est retrouvé avec plus de 25% de voix à sa gauche (Laguillier, Chevènement, les Verts, Besancenot, le PC, Taubira...), qui lui auraient été bien utile au second tour, mais qui lui ont finalement manqué au premier...
« En National, le SM Caen doit jouer le titre, pas simplement la remontée. Il faut être premier avec pas mal de points d’avance. Malherbe doit surclasser ce championnat. » — Yann M.
Jospin était sûr de l'emporter au second tour et les derniers sondages légaux l'annonçaient sans problème au second tour. Moi le premier, j'ai choisi de voter vert au premier tour et je l'ai bien regretté. Les derniers sondages interdits de diffusion laissaient voir que Le Pen pouvait le devancer mais l'immense majorité des électeurs l'ignorait au moment de voter.
Je m'inscris en faux contre cette théorie de l'éparpillement des voix à gauche.
J'avais regardé les chiffres, le nombre de voix. Je l'ai pas refait là mais je suis sur de mon coup (sur le principe).
Entre le premier tour de 95 et celui de 2002, Jospin perd 3,5 M de voix
En 95, la gauche hors Jospin : un peu plus de 5 M de voix
En 2002, la gauche hors Jospin fait 7,5 M de voix
En admettant que 2,5 M de Bigdude aient voté autre chose que Jospin au 1er tour,
Il manque quand même 1 M de voix à gauche entre 95 et 2002.
Le problème est là : 1M de socialos à la plage en attendant le 2nd tour.
(il manque de mémoire 200 000 voix à Yoyo pour passer au 2nd tour)
Donc culpabiliser les gens de pas avoir voté pour toi (c'est bien leur droit), tandis que tu donnes pas envie à ta propre base de le faire, et qu'ils sont minimum 1 M à s'en taper, ça va 5 minutes.
ET QU'ON NE ME SORTE PLUS JAMAIS CETTE THEORIE DE L'EPARPILLEMENT.
2002, c'est 1M de socialos à la plage.
Sous l’Iris, sous la peau
Sous les ongles et dans l’étau
C'est totalement vrai, de mes souvenirs de jeune citoyen pas encore en âge de voter mais sensibilisé déjà (et avec une belle inversion par ailleurs, oui j'ai failli mal finir à cet âge là)
Oui le mot éparpillement n'est peut être pas le plus heureux, mais ce n'était pas pour pointer la responsabilité des gens. Si une large majorité des gens de gauche qui sont allés voter n'ont pas voté pour lui, sans parler des gens qui ne sont pas venus, ce n'était pas tant une question de plage que de programme.
Son bilan, assis sur une bonne conjoncture économique, était bon, mais il faisait pas lever les foules, et il avait sorti une connerie comme quoi son programme n'était pas socialiste (sous entendu, plus centriste), on a fait mieux pour motiver les gens à venir voter quoi...
« En National, le SM Caen doit jouer le titre, pas simplement la remontée. Il faut être premier avec pas mal de points d’avance. Malherbe doit surclasser ce championnat. » — Yann M.
La campagne a été faite à l'envers, mais Je crois vraiment que le sujet était qu'aux yeux des gens qui souhaitaient sa victoire, le second tour était une évidence. Donc au premier tour, bon bah c'est facultatif, quoi.
Après dans le doc qui avait été tourné par Moati sur la campagne, il y a une scène qui doit se dérouler vers mars, dans laquelle Moati suit Le Pen qui se prépare à un débat radio face à Mamère. Et juste avant, Le Pen dit à Moati "Dans le débat, je ne dois pas taper trop fort sur Mamère car il ne faut pas qu'il perde trop de voix. Bah oui, s'il est trop faible à l'élection, comment je bats Jospin, moi ?". Six semaines avant, malgré un oeil en moins il avait tout vu.
Et dans le doc de Stéphane Meunier, il y a lors d'une réunion de campagne, un mec des sondage, peut-être Fouks, à mins que ce ne soit Hollande ou Ayrault (ça remonte un peu), bref, l'un des trois explique que l'écart entre Le Pen et Lionel se situe mathématiquement dans la marge d'erreur, sous-entendant clairement même sans oser aller au bout du raisonnement que la troisième place est possible. Et l'un des deux politiques répond sèchement que cette hypothèse est ridicule et que en gros, on est là pour bosser sérieusement. Fin du débat sur le risque Le Pen. Comme quoi, certains l'avaient vu venir.
Mais effectivement, lancement de campagne par fax, itv chelou dans la rue du cherche-midi en pleine nuit, "mon projet n'est pas socialiste", la petite méchanceté gratuite sur Chirac dans l'avion de la Réunion en off mais validée par un crétin de l'équipe de com, connerie qui réveille Chirac qui était aussi à côté de ses pompes, quand l'épisode redescend dans l'opinion après avoir un peu heurté, c'est Jospin lui-même qui remet une pièce en s'excusant et en remettant le sujet au premier plan, puis après les phrases malheureuses sur la naïveté, la rivalité Aubry / DSK et puis papy Voise et autres faits divers, Nanterre, terminé.
Là où Je rejoints quand même un peu Natza, c'est le dernier meeting à Rennes avec des militants qui l'aspergent de ketchup "pour remettre du rouge dans la campagne". Connerie qui montre qu'effectivement, depuis le début, on était dans une campagne de deuxième tour. Campagne ratée, voilà.
La France a raté sa chance et on en paye le prix depuis.
C'est quand même dingue de plus se souvenir de la campagne d'il y a 25 ans que de celle qui s'est terminée la semaine dernière, au cours de laquelle le candidat "principal" de la gauche dont J'ai déjà oublié le nom (Rodolphe L'ourselin, un nom comme ça) a moins imprimé la campagne que ses tracts.