Huisgonde a écrit:
habs a écrit:
J'ai une anectode assez rigolote à ce sujet: il y'a 1 an et demi, je croise mon voisin qui tient le bar tabac du village et qui en bon commerçant râle toujours: les affaires qui marchent pas, les charges trop lourdes, la litanie habituelle quoi.
Et là, il me demande de jeter un coup d'oeil à son affaire car il part 2 semaines aux Maldives! Tant mieux pour lui mais je n'ai rien vu en dessous de 4000 euros par personne pour une semaine pour cette destination...
Je continue ma route et 30 secondes après je passe devant la petite auto école de mon bled.Bon j'avais déjà remarqué le Q5 devant le garage mais je n'avais jamais vu la Porsche à l'intérieur...
Putain mais ce genre d'anecdotes qui ne sont rien d'autres que le jugement d'autrui. Le mec, ça se trouve il trime depuis 5 ans et n'est jamais parti pour pouvoir se payer ses vacances aux Maldives. Pour la Porsche, ça se trouve, le mec vit borderline pour pouvoir la rembourser.
Mais non, c'est tellement mieux de juger en se disant : "regarde moi cet enfoiré". Si déjà on enlevait la jalousie du voisin... parce que c'est bien connu, l'herbe est plus verte chez les autres : souvent, c'est aussi parce qu'il pleut plus chez les autres.
Mais entre certains qui envient les autres, et les autres qui veulent faire envier les uns, comment est-ce possible de ne pas avoir une mentalité individualiste ?
graham a écrit:
Pourtant, les années passées à la fac, je les ai bien vécues. Si en plus on considère que pendant que je me la coulais douce à la fac et que je sortais tous les soirs, mes études étaient financées indirectement par des mecs de mon âge qui eux bossaient en usine et n'ont pas la chance de faire des études et de profiter des à côté, je ne vois pas en quoi c'est juste qu'ils soient en plus pénalisés au niveau de leur salaire.
Eh bien tant mieux pour toi. Sans doute que tu avais tes parents derrière toi, mais la vie estudiantine est généralement source de souci et pas de tout repos pour un certain nombre de jeunes gens. Mais on a là une source d'inégalité, j'en conviens bien. Ton expérience n'est cependant pas gage de vérité.
Quant à la mutuelle, effectivement, ça fait mal au cul. Et j'imagine aussi pour les entreprises : ma boite la prenant en charge à 100%, elle avait cet argument d'avantage en nature, qui aujourd'hui, perd une bonne partie de son intérêt : on se pose forcément la question d'avoir une si bonne mutuelle, si onéreuse, est franchement utile (risque couvert, blablabla).
Bon sinon, ça va, vous ? Le temps que j'écrive ce message, vous n'avez pas chômé à ce que je vois.
1/ Je ne suis pas jaloux, je m'en fous: je pars en vacances où je veux et les bagnoles je m'en carre.
2/Je sais pertinemment qu'il ne faut pas généraliser à partir d'exemples personnels et je l'ai mentionné en début de message.
Simplement c'est une Lapalissade que de dire que les commerçants, artisans et autres indépendant ont des moyens de dissimuler une partie de leur chiffre d'affaires et donc de leur revenu.
Les dirigeants d'entreprise payent également très chers des experts comptables pour flirter avec la légalité.
Mon propos était de mentionner que ce sont principalement les salariées de la classe moyenne et supérieure qui ont été visés fiscalement car il n'ont pas d'échappatoire.
Ma femme a travaillé 5 ans dans la restauration et elle n'a jamais vu un patron "honnête": changement de bandeaux de caisse enregistreuse (avec bordereau fiscal) après 22h, embauche de salariés sous contrat de 20h hebdo qui en font 50...
Je n'ai pas de jalousie, je me dis simplement qu'en France, si chacun payait ce qu'il devait, le niveau de prélèvements obligatoires et de cotisations sociales serait non seulement plus faible mais que le déficit budgétaire serait également nettement moins important.
Il est là l'individualisme contre le bien commun.
Je l'ai dis, je travaille à Pôle Emploi et dans le cadre de ma fonction j'informe sur les aides à la création d'entreprise.
Il existe un dispositif qui s'appelle l'ARCE (versement d'un capital au créateur d'entreprise : aujourd'hui 45% du reliquat total des allocations dues).Celui-ci est normalement pensé comme une aide incitative pour que des demandeurs d'emploi inscrits créent leur activité et donc leur emploi
En réalité 90% (attention estimation perso) de ce budget est dépensé en pure perte (en terme de politique pour l'emploi) sous la forme d'un effet d'aubaine.
Ainsi, des salariés (très souvent des cadres à fort revenu) ayant un projet procèdent à une rupture conventionnelle avec leur employeur et s'inscrivent dans la foulée.
Et ils peuvent prétendre directement à l'ARCE. Ils auraient bien évidemment créée leur entreprise de toute façon. Le plus beau c'est que souvent leur unique client se trouve être leur ancienne entreprise pour qui ils travaillent comme consultant...
Tout ça pour dire que bien souvent, le ver est dans le fruit dés le début est que pour un bon nombre (pas tous encore une fois) de personnes, la création d'entreprise est malheureusement un moyen de s'affranchir de certaines règles, de jouer avec la légalité ou carrément de l'outrepasser avec l'onéreuse complicité de cabinets d'experts comptables ou d'avocats d'affaires...