Re: [H.S] Internet un enjeu sociétal politique et économique
Posté : 06 juin 2012 10:39
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Aurélie Filippetti a-t-elle peur d’Internet ?
15 juillet 2012 à 19:06 (Mis à jour: 16 juillet 2012 à 10:41)
Par DANIEL SCHNEIDERMANN
On hésite à rassembler les pièces du puzzle. On les retourne dans tous les sens. On a dû se tromper, on leur cherche un autre emboîtement. Mais non. Obstinément, s’impose un tableau d’ensemble inattendu. Quelques-uns des premiers actes, des premiers mots de la nouvelle ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, semblent marqués par une obsession étonnante chez une femme de sa génération et de son parcours : l’obsession des dangers d’Internet.
Sur le front Hadopi, d’abord. Au cours de la campagne, sous son autorité, avait été esquissée une ambitieuse architecture d’un projet de licence globale, visant à remplacer la répression des téléchargements illégaux par une contribution financière volontaire. Patatras : dès la nomination de Filippetti, son jeune conseiller auteur du projet, Juan Branco, bête noire des «industries culturelles», apprend qu’il ne sera pas du voyage. Et, dans la foulée, la nouvelle ministre se rallie à la nomination comme chargé de «concertation» d’un Pierre Lescure, qui siège dans plusieurs conseils d’administration d’industries médiatiques et culturelles. La semaine dernière encore, emportée par son élan, la ministre avance l’idée, pour financer radios et télévisions publiques, d’une redevance sur les ordinateurs, avant de se faire reprendre à la volée par le Premier ministre et le ministre du Budget, et d’enterrer aussitôt l’idée.
A la panoplie classique des internophobes, il ne manque que la dénonciation des pédophiles et des néonazis qui guettent les petits enfants sur la Toile, mais soyons patients, ça peut encore venir. A cette allergie, la ministre a donné (involontairement ?) une coloration personnelle, dans une interview passée étonnamment inaperçue. Début juillet, elle assistait à l’assemblée générale du Syndicat national de l’édition. Elle y prononce d’abord un éloge du rôle de l’éditeur. «Tous les textes ne sont pas des livres et c’est à l’éditeur que revient de faire le partage ; c’est lui, qui, devant la multitude des textes, doit porter la responsabilité de savoir dire non, quitte à, parfois, commettre une erreur. Il n’y a pas de livre sans éditeur ; l’éditeur distingue la création, puis il l’accompagne.» Passe encore. Mais, interrogée quelques instants plus tard autour du buffet par un site spécialisé, elle prolonge son idée, Filippetti laissant alors place à l’ex-écrivain : «Je l’ai ressenti en tant qu’auteure, j’aurais pu écrire le même livre que celui que j’ai rédigé (les Derniers jours de la classe ouvrière, 2003) Mais si je n’avais pas eu Jean-Marc Roberts [patron de Stock], le résultat n’aurait pas été le même. On a besoin de cette médiation, pour se reconnaître, soi-même, comme auteur, et pour savoir que son texte est vraiment un livre. Tous les textes ne sont pas des livres. C’est l’éditeur qui fait la littérature.»
«C’est l’éditeur qui fait la littérature» : restez donc à votre place secondaire, amis auteurs. Si un ministre de droite avait prononcé cette énormité, quelles clameurs n’aurait-on pas entendu, dans une communauté d’internautes naguère encore hystérisée par la moindre attaque de Sarkozy. Ce que la ministre enterre dans cette phrase, prenant son besoin personnel de validation institutionnelle pour une généralité, c’est le formidable potentiel d’Internet de faire éclore des œuvres «hors format». Hors formats édictés par les télés traditionnelles, les radios établies, le système de promotion traditionnel Drucker-Ruquier-Denisot, l’industrie de l’édition traditionnelle. Cette phrase exprime l’angoisse d’un secteur économique, celui de l’édition, qui n’en finit plus de trembler sur ses bases depuis l’apparition d’Internet. Il tremble pour le système traditionnel de distribution des livres en papier, sans pour autant oser s’emparer du livre numérique. Il tremble pour le château de sable de son système promotionnel, les intérêts croisés, les critiques de copinage, les renvois d’ascenseur. Il tremble même pour son cœur de métier mythologique, son rôle d’accoucheur de textes. Et si, demain, horreur, un écrivain pouvait rencontrer son public, hors le filtre des éditeurs ? Même si, c’est vrai, aucun écrivain d’envergure ne s’est encore révélé sur la Toile, Internet «rend possible» ce contact direct, hors des médiations de toutes sortes. Des écrivains, de jeunes humoristes, de jeunes auteurs de BD, y ont fait leurs premières armes, y ont rencontré un public considérable sous le radar des médias traditionnels, avant d’être (ou non) récupérés par les chaînes et les éditeurs traditionnels.
Sous les traits avenants d’une jeune ministre, est-ce la peur, la peur du grand large, la vieille peur de l’inconnu, qui habite rue de Valois ?
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http://www.dailymotion.com/playlist/x14fry_cemu_culture-numerique/1#video=#videoId=xawbx6Libération a écrit : Victoire citoyenne et interconnectée contre Acta
Le 4 juillet, le Parlement européen a rejeté, à 478 voix contre 39, l’Accord commercial anticontrefaçon (Acta), négocié dans l’opacité par 39 pays (dont les Vingt-Sept de l’UE représentés par la Commission européenne). Grâce à ce cinglant désaveu, fruit d’une mobilisation sans précédent des citoyens européens, l’Europe ne peut plus ratifier cet accord.
Initiées en 2007, les négociations de l’Acta visaient à mettre en place un ensemble de règles répressives en matière de contrefaçon, sous couvert d’un simple «accord commercial». Mêlant allègrement lutte contre la contrefaçon industrielle de biens matériels et partage sur Internet entre individus et sans but lucratif de fichiers musicaux ou cinématographiques, l’Acta est le texte rêvé des industries pharmaceutiques et du divertissement.
En 2008, la fuite d’une ébauche de l’Acta sur WikiLeaks sonne l’alarme. L’amalgame entre faux médicaments et génériques met en danger l’accès aux soins dans les pays pauvres. Concernant Internet, les intermédiaires techniques (fournisseurs d’accès mais aussi de services tels les moteurs de recherche, plateformes vidéo ou réseaux sociaux) sont transformés en une police privée du droit d’auteur. Obligés par les ayants droit à la surveillance généralisée, collecte de preuves et sanction de leurs utilisateurs, ils se voient confier des missions de police et de justice, contournant ainsi l’autorité judiciaire et le droit à un procès équitable. La porte est ouverte à des restrictions des communications (blocage d’accès, filtrage) et à de graves atteintes à la vie privée. Dès lors, de nombreuses associations de défense des libertés fondamentales (de l’accès au médicament et du logiciel libre), mais aussi des bénévoles, s’organisent aux quatre coins d’Internet, créant un mouvement citoyen spontané et décentralisé sans précédent.
Durant quatre années, les analyses juridiques, économiques, techniques et politiques des nouvelles versions du texte (le plus souvent fuitées) s’élaborent collectivement via tous les canaux de communication disponibles : listes de discussion, sites, blogs, réseaux sociaux, vidéos, chat, forums, etc. Décortiquant la procédure européenne, groupes et individus comprennent que le Parlement européen est le seul rempart contre l’Acta. Le réseau est alors massivement utilisé pour sensibiliser le public et contacter les élus européens, notamment avant chacun des six votes déterminants, en commission, qui ont précédé le rejet final. Début 2012, aux Etats-Unis, les lois Sopa et Pipa - cousines de l’Acta - sont repoussées sous la pression des citoyens et des entreprises du Net. Immédiatement après ce violent revers infligé à Hollywood, l’administration Obama lance le raid du FBI contre le site d’hébergement MegaUpload. Quelques jours plus tard, l’exécutif européen signe l’Acta.
Cette série d’événements met le feu aux poudres et fait descendre des dizaines de milliers de citoyens dans les rues de toute l’Europe, principalement dans les pays de l’Est. Le vote écrasant du 4 juillet est donc avant tout la victoire de tous ces citoyens, interconnectés de façon décentralisée, et la consécration de leur participation démocratique.
Cette victoire doit marquer la fin du modèle du tout répressif mis en œuvre depuis quinze ans sous l’impulsion, et au bénéfice, de quelques industries. L’Acta n’est qu’un épisode - certes le plus odieux car visant à contourner les processus démocratiques et les institutions internationales - de cette guerre contre le partage. Il s’inscrit dans une succession de mesures toujours plus répressives, disproportionnées et dangereuses pour nos libertés fondamentales en ligne qui, telle la loi Hadopi en France, n’apportent aucun bénéfice aux artistes qu’elles prétendent défendre. Il est urgent de rompre avec cette logique et de réformer positivement le droit d’auteur, pour encourager nos nouvelles pratiques culturelles en ligne, comme le partage et le remix, plutôt que de tenter vainement de les combattre. Il est urgent de remettre les droits des citoyens, des participants à la culture et des innovateurs avant les intérêts de quelques intermédiaires rentiers.
Alors que de nouvelles menaces se profilent, la victoire des citoyens contre l’Acta doit retentir comme la démonstration que la sphère publique en réseau peut l’emporter contre certaines des industries les plus puissantes. La bataille de l’Acta doit servir de modèle et de tremplin pour imposer l’adaptation du droit d’auteur au XXIe siècle et, au-delà, un cadre protecteur des libertés fondamentales sur Internet, afin d’encourager la perspective d’un avenir plus libre et plus ouvert dans nos démocraties.
Heu, elle a dit ça quand et où ? Parce que c'est un poil énorme quand même.Karibou a écrit :Aujourd'hui Fleur Pellerin, notre Ministre déléguée PME, innovation, et économie numérique en a sorti une bien bonne:
"la Neutralité du Net est un concept américain, qui a tendance à favoriser les intérêts éco de Google, Apple etc".
Elle aurait déclaré ça hier en visite dans la ville de Montpellier pour y faire la revue des entreprises technologiques qui y sont implantées et pour assister aux Rencontres Pétrarques 2012 qui s'y déroulent.Vltra a écrit :Heu, elle a dit ça quand et où ? Parce que c'est un poil énorme quand même.Karibou a écrit :Aujourd'hui Fleur Pellerin, notre Ministre déléguée PME, innovation, et économie numérique en a sorti une bien bonne:
"la Neutralité du Net est un concept américain, qui a tendance à favoriser les intérêts éco de Google, Apple etc".