Re: Mercato Été 17/18, Arrivées, Départs, La L1 c'est repart
Posté : 26 mai 2017 18:29
L'interview complète :
En poste depuis 2012, l'entraîneur du SM Caen Patrice Garande a été confirmé dans ses fonctions par sa direction. Dans un entretien exclusif qu'il nous a accordés, Garande explique la manière dont il compte recréer une dynamique au sein de l'équipe normande. Et table sur de profonds changements dans l’effectif.
« La saison prochaine, je serai l’entraîneur »
"Le président dit que si 90 % de l’effectif reste le même, c’est quasi impossible pour moi. Cela ne me choque pas, s’il dit ça, c’est qu’on a discuté. Quand un entraîneur reste longtemps dans un club… On avait prolongé des joueurs, ce qui se fait peu à Malherbe. Il y en a qui sont là depuis 3, 4 ans, et tu peux avoir une certaine lassitude, par rapport à mon discours, à cette exigence."
"Le message peut être cassé quand les joueurs veulent jouer d’une certaine façon et l’entraîneur d’une autre : de ce point de vue, cela n’a jamais été le cas. Dans l’effectif, il y a des joueurs qui auraient voulu que je parte, oui, forcément. Inconsciemment, les joueurs sont dans un confort, des habitudes. J’ai vu le président. La saison prochaine, je serai encore l’entraîneur. Ce que je peux apporter, c’est qu’on soit en L1 une 5e saison en 2018."
"Dans la saison, j’ai eu un moment où j’étais fatigué. La seule question que je me suis posée, c’est comment j’allais faire pour trouver l’énergie. Certains me reprochaient de tirer la tronche les lendemains de défaite, mais comment faire autrement ? Cela a duré un mois, après c’est reparti. Cette saison a été plus compliquée que quand on avait 15 points à la trêve en 2015. Il faut en tirer les leçons, voir ce qu’on aurait pu faire différemment. J’ai commis des erreurs bien sûr, que je n’étalerai pas ici, j’ai encore des choses à changer !"
« On reste en L1, c’est une saison réussie ! »
"Je n’ai pas peur de le dire, c’est une saison réussie parce que le SM Caen est en Ligue 1. Quand on m’a donné l’équipe en Ligue 2, l’objectif assigné était de remonter et de pérenniser le club en L1. On va faire une 4e saison en Ligue 1. C’est ultra-positif. Après, le déroulé de la saison, le contenu… C’était plus difficile que prévu."
"Il y a des explications. Pour la première fois, on a commencé une saison en partant en stage avec un effectif pas au complet. Notamment sur le plan offensif. Dès le stage, j’ai senti que c’était moyen. Les joueurs se posaient beaucoup de questions. Puis Santini est arrivé. Je n’ai jamais douté qu’il allait nous marquer 15 buts. Mais on ne pouvait pas jouer comme l’année dernière, de par son profil. Pour autant, je voulais qu’on continue à prendre la profondeur autour de lui, qu’on garde nos principes. Cela n’a pas été suffisamment le cas."
"Aujourd’hui, je le maintiens : le potentiel de cette équipe, ce n’est pas la place qu’on a. Tu prends l’équipe type… Après, il y a les performances individuelles des joueurs. Attention, je ne dis pas « ce sont les joueurs, pas moi ». Ça arrive. Sauf que quand ça touche tes cadres… Il y a une alchimie qui prend ou pas, pour x raisons."
« On est à la fin d’un cycle »
"Le club prend ce parti : des joueurs doivent aller voir ailleurs, parce qu’ils ont fait le tour ici. On est à la fin d’un cycle. Il y a plusieurs façons de régénérer, par l’extérieur ou par le centre de formation avec deux, trois joueurs ayant le potentiel pour intégrer l’effectif. Là, ce n’est pas le cas. Donc ça passe par autre chose, 7 ou 8 nouveaux joueurs."
"Est-ce qu’on va pouvoir les faire ? Il y a les fins de contrats, ceux qui y sont encore. Entre les départs que je souhaite et ceux qui vont partir, on verra. C’est le travail de la direction, avec les agents. Mais si certains joueurs restent là, dès la reprise il faudra être très clair. L’idée est de partir avec un groupe de 3 gardiens et 19 joueurs de champs."
« Il nous faut de la vitesse et de la puissance »
"On veut avoir des gens qui ont la vitesse et la puissance. Il nous faut des joueurs en défense centrale, sur les postes de latéraux où Guilbert n’est que prêté. Pour lui, il faut négocier avec Bordeaux. Paul Baysse ? On me dit que c’est injouable, mais oui je l’ai mis dans mes souhaits. Après, il nous faut du monde au milieu, une sentinelle et des milieux offensifs, plus des joueurs de côté…"
"On travaille, mais on a une réalité économique. Le budget va être comparable (environ 30 millions d’€), sachant que Karamoh va sûrement partir, et il peut y en avoir d’autres. Si une manne d’argent rentre, on peut avoir plus de moyens pour investir. J’espère qu’on aura au moins 4-5 recrues de base à la reprise le 26 juin."
"Concernant Santini, je sais qu’il a des offres mais aussi qu’il est bien ici et qu’il veut plutôt rester. Après, on est à l’abri de rien. Sané va être prêté, et on ne fera plus l’erreur de prendre une doublure en avant-centre qui ne joue jamais, mais des gens qui sont polyvalents sur les trois postes offensifs. L’idée est d’avoir des joueurs qui peuvent passer du 4-3-3 à une défense à 5, notamment sur le profil des latéraux."
« Le jeu à la caennaise, ça n’existe pas »
"L’été dernier, on n’a pas pu faire tout ce qu’on souhaitait, cela a été aussi une question de moyens. Le style de jeu dépend du recrutement, mais le recrutement qu’on veut faire sera fonction du football que je veux : une équipe qui joue haut, qui presse, qui met du rythme et va dans le sens de la verticalité. J’essaye de faire ça, je demande ça. J’accepte qu’il y ait du déchet, si tu prends des risques."
"Ce football procure des émotions et les gens s’y reconnaissent. Comme cette année, on n’a pas eu ça, et qu’en plus 70 % du temps notre maîtrise technique était en dessous du niveau de la Ligue 1… Le jeu à la caennaise, ça n’existe pas. Mais je veux que chaque adversaire qui vienne chez nous se dise : p…, ça ne va pas être une partie de plaisir ! Avant, c’est ce que les mecs se disaient."
En poste depuis 2012, l'entraîneur du SM Caen Patrice Garande a été confirmé dans ses fonctions par sa direction. Dans un entretien exclusif qu'il nous a accordés, Garande explique la manière dont il compte recréer une dynamique au sein de l'équipe normande. Et table sur de profonds changements dans l’effectif.
« La saison prochaine, je serai l’entraîneur »
"Le président dit que si 90 % de l’effectif reste le même, c’est quasi impossible pour moi. Cela ne me choque pas, s’il dit ça, c’est qu’on a discuté. Quand un entraîneur reste longtemps dans un club… On avait prolongé des joueurs, ce qui se fait peu à Malherbe. Il y en a qui sont là depuis 3, 4 ans, et tu peux avoir une certaine lassitude, par rapport à mon discours, à cette exigence."
"Le message peut être cassé quand les joueurs veulent jouer d’une certaine façon et l’entraîneur d’une autre : de ce point de vue, cela n’a jamais été le cas. Dans l’effectif, il y a des joueurs qui auraient voulu que je parte, oui, forcément. Inconsciemment, les joueurs sont dans un confort, des habitudes. J’ai vu le président. La saison prochaine, je serai encore l’entraîneur. Ce que je peux apporter, c’est qu’on soit en L1 une 5e saison en 2018."
"Dans la saison, j’ai eu un moment où j’étais fatigué. La seule question que je me suis posée, c’est comment j’allais faire pour trouver l’énergie. Certains me reprochaient de tirer la tronche les lendemains de défaite, mais comment faire autrement ? Cela a duré un mois, après c’est reparti. Cette saison a été plus compliquée que quand on avait 15 points à la trêve en 2015. Il faut en tirer les leçons, voir ce qu’on aurait pu faire différemment. J’ai commis des erreurs bien sûr, que je n’étalerai pas ici, j’ai encore des choses à changer !"
« On reste en L1, c’est une saison réussie ! »
"Je n’ai pas peur de le dire, c’est une saison réussie parce que le SM Caen est en Ligue 1. Quand on m’a donné l’équipe en Ligue 2, l’objectif assigné était de remonter et de pérenniser le club en L1. On va faire une 4e saison en Ligue 1. C’est ultra-positif. Après, le déroulé de la saison, le contenu… C’était plus difficile que prévu."
"Il y a des explications. Pour la première fois, on a commencé une saison en partant en stage avec un effectif pas au complet. Notamment sur le plan offensif. Dès le stage, j’ai senti que c’était moyen. Les joueurs se posaient beaucoup de questions. Puis Santini est arrivé. Je n’ai jamais douté qu’il allait nous marquer 15 buts. Mais on ne pouvait pas jouer comme l’année dernière, de par son profil. Pour autant, je voulais qu’on continue à prendre la profondeur autour de lui, qu’on garde nos principes. Cela n’a pas été suffisamment le cas."
"Aujourd’hui, je le maintiens : le potentiel de cette équipe, ce n’est pas la place qu’on a. Tu prends l’équipe type… Après, il y a les performances individuelles des joueurs. Attention, je ne dis pas « ce sont les joueurs, pas moi ». Ça arrive. Sauf que quand ça touche tes cadres… Il y a une alchimie qui prend ou pas, pour x raisons."
« On est à la fin d’un cycle »
"Le club prend ce parti : des joueurs doivent aller voir ailleurs, parce qu’ils ont fait le tour ici. On est à la fin d’un cycle. Il y a plusieurs façons de régénérer, par l’extérieur ou par le centre de formation avec deux, trois joueurs ayant le potentiel pour intégrer l’effectif. Là, ce n’est pas le cas. Donc ça passe par autre chose, 7 ou 8 nouveaux joueurs."
"Est-ce qu’on va pouvoir les faire ? Il y a les fins de contrats, ceux qui y sont encore. Entre les départs que je souhaite et ceux qui vont partir, on verra. C’est le travail de la direction, avec les agents. Mais si certains joueurs restent là, dès la reprise il faudra être très clair. L’idée est de partir avec un groupe de 3 gardiens et 19 joueurs de champs."
« Il nous faut de la vitesse et de la puissance »
"On veut avoir des gens qui ont la vitesse et la puissance. Il nous faut des joueurs en défense centrale, sur les postes de latéraux où Guilbert n’est que prêté. Pour lui, il faut négocier avec Bordeaux. Paul Baysse ? On me dit que c’est injouable, mais oui je l’ai mis dans mes souhaits. Après, il nous faut du monde au milieu, une sentinelle et des milieux offensifs, plus des joueurs de côté…"
"On travaille, mais on a une réalité économique. Le budget va être comparable (environ 30 millions d’€), sachant que Karamoh va sûrement partir, et il peut y en avoir d’autres. Si une manne d’argent rentre, on peut avoir plus de moyens pour investir. J’espère qu’on aura au moins 4-5 recrues de base à la reprise le 26 juin."
"Concernant Santini, je sais qu’il a des offres mais aussi qu’il est bien ici et qu’il veut plutôt rester. Après, on est à l’abri de rien. Sané va être prêté, et on ne fera plus l’erreur de prendre une doublure en avant-centre qui ne joue jamais, mais des gens qui sont polyvalents sur les trois postes offensifs. L’idée est d’avoir des joueurs qui peuvent passer du 4-3-3 à une défense à 5, notamment sur le profil des latéraux."
« Le jeu à la caennaise, ça n’existe pas »
"L’été dernier, on n’a pas pu faire tout ce qu’on souhaitait, cela a été aussi une question de moyens. Le style de jeu dépend du recrutement, mais le recrutement qu’on veut faire sera fonction du football que je veux : une équipe qui joue haut, qui presse, qui met du rythme et va dans le sens de la verticalité. J’essaye de faire ça, je demande ça. J’accepte qu’il y ait du déchet, si tu prends des risques."
"Ce football procure des émotions et les gens s’y reconnaissent. Comme cette année, on n’a pas eu ça, et qu’en plus 70 % du temps notre maîtrise technique était en dessous du niveau de la Ligue 1… Le jeu à la caennaise, ça n’existe pas. Mais je veux que chaque adversaire qui vienne chez nous se dise : p…, ça ne va pas être une partie de plaisir ! Avant, c’est ce que les mecs se disaient."