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Re: cimetière

Posté : 04 avr. 2020 13:08
par Isaac
Oui je suis dubitatif concernant la saillie de Benco, perdu entre l'outrance facile, lâche comme une corde de Peeter Steele, et le vrai dédain pour un style qui a botté le cul aux amateurs de brame transgenres du cirque Pinder. Bien moins proche de nos amis les animaux il est vrai, la communauté des jazzmen a accompagné les mouvements pour les droits civiques, et pas que comme théâtre mais bien comme partie prenante culturelle et politique. Concernant l'argument de classes, c'est pas très bien joué puisque Marsalis a dédié sa vie à la promotion de son art à New Orleans, parfait contre exemple du privilège éducatif musical qui ne saurait concerner que les plus riches. La musique est dans la rue. Bon en Scandinavie il fait sans doute trop froid.
Je passe sur la nouveauté, et sur le mépris facile (aveugle ) envers tout ce qui est académique par aliénation réactionnaire confondant cadre/éducation et élite/autorité.
Voilà.
Pardonnez mon post au 7e degré.

Re: cimetière

Posté : 04 avr. 2020 13:43
par Vltra
Isaac a écrit :Oui je suis dubitatif concernant la saillie de Benco, perdu entre l'outrance facile, lâche comme une corde de Peeter Steele, et le vrai dédain pour un style qui a botté le cul aux amateurs de brame transgenres du cirque Pinder. Bien moins proche de nos amis les animaux il est vrai, la communauté des jazzmen a accompagné les mouvements pour les droits civiques, et pas que comme théâtre mais bien comme partie prenante culturelle et politique. Concernant l'argument de classes, c'est pas très bien joué puisque Marsalis a dédié sa vie à la promotion de son art à New Orleans, parfait contre exemple du privilège éducatif musical qui ne saurait concerner que les plus riches. La musique est dans la rue. Bon en Scandinavie il fait sans doute trop froid.
Je passe sur la nouveauté, et sur le mépris facile (aveugle ) envers tout ce qui est académique par aliénation réactionnaire confondant cadre/éducation et élite/autorité.
Voilà.
Pardonnez mon post au 7e degré.
Ok, le soldat Benco est un poil revêche. Mais le coup des cases à remplir est plutôt bien senti, je trouve.

Pour peaufiner sa caricature, j'ajouterais que le concours de bite entre musiciens virtuoses, qui tourne à la battle de zélés, rend la pratique du jazz assez détestable. Sur certains sets, c'est comme si les bons élèves passaient leurs gammes à tour de rôle, sous les applaudissements machinaux et les interjections falsifiées du public. L'étonnement est carrément contrefait et l'émotion corrompue jusqu'à l'os.
Sans compter que, comme le rappel l'Oberführer Benoît Cauet, le jazz (comme beaucoup d'autre styles artistiques) reste une forme dissimulée de tyrannie du bien-créer. Et, dans l'cas présent, la norme étant expressément élitiste (difficile de nier le contraire), le style demeure plus détestable encore. Toujours la même suite de petits plans connus, toujours les mêmes arrangements, les mêmes standards éculés, depuis des lustres. Du réchauffé servi en boucle. De la soupe aux prétendus érudits.

Le problème, c'est l'improvisation, et c'est probablement ce qu'il y a de plus risqué dans l'art en général. Le résultat est souvent douteux et toujours basé sur des répétitions foireuses, des gimmicks, des tics de langage et des tocs d'expression. Mais ici, les défauts et les petites manies sont magiquement transformés en génie créatif, sacralisés et portés au rang d'Art. Par des ignorants, en réalité.
[J'ajoute qu'en ce moment même, j'écoute Avishai Trio Cohen avec beaucoup de délectation.]

Oui donc, je confirme que l'impro, c'est une sacrée connerie. Et parfois même le pire ennemi de la créativité. On est censés être face à un processus créatif sans écriture préliminaire… Mais dans le jazz, c'est souvent le contraire, tout est écrit au préalable. Entre logorrhée technique et incontinence stylistique, le jazz répète ses acquis et ses certitudes jusqu'à la nausée. Tout en imposant Sa vérité artistique dans une prétendue spontanéité.

Au fond, l'impro est juste la révélation instinctive d'une obsession. Ça confine au trouble obsessionnel chez certains artistes, dont le style se focalise sur un seul point, comme une idée fixe. Mais ces récurrences sont bêtement maladives et juste propices à identifier les névroses de l'artiste.
[Du coup, c'est probablement ce qui en fait l'intérêt, c'est vrai.]

Par exemple, en peinture, le travail d'improvisation, souvent hyper nombriliste, est concentré sur un simple et maigre objet : "Regardez-moi en train de peindre". Dans les séries d'improvisation, les gestes sont répétées en boucle, pour mieux enfoncer le clou et pour mieux réduire le message. Rendre l'œuvre accessible aux savants - qui ont quand même besoin de repères - facilite le boulot de reconnaissance. Il faut savoir cocher la bonne case, comme le rappelle Notre Gruppenführer Benoît Cauet. On ne sait jamais faudrait pas que la critique passe à côté du message.
[En même temps, Cy Twombly c'est c'qui se fait de mieux sur le marché de l'instinct créatif]

Re: cimetière

Posté : 04 avr. 2020 14:12
par arcisse
Le seul que j'aime c'est Chet Baker.
Le reste du jazz, je ne dois pas avoir la constitution pour l'apprécier.

Re: cimetière

Posté : 04 avr. 2020 14:25
par Strummer
Billie Holiday
Nina Simone

Re: cimetière

Posté : 04 avr. 2020 14:26
par Isaac
Je vais prendre le temps de te répondre Vltra, parce que tu soulèves beaucoup de points d'd'intérêt et de débat. Bon c'est navrant de devoir le faire dans ce topic par conree.

Re: cimetière

Posté : 04 avr. 2020 14:30
par arcisse
Strummer a écrit :Billie Holiday
Nina Simone
Je parlais du jazz instrumental, effectivement sur du jazz vocal j'aime plus de choses.

Re: cimetière

Posté : 04 avr. 2020 14:33
par Vltra
Isaac a écrit :Je vais prendre le temps de te répondre Vltra, parce que tu soulèves beaucoup de points d'd'intérêt et de débat. Bon c'est navrant de devoir le faire dans ce topic par conree.
Certes, après se faire l'avocat du diable implique quelques mensonges et compromissions.

Re: cimetière

Posté : 04 avr. 2020 14:34
par Strummer
arcisse a écrit :
Strummer a écrit :Billie Holiday
Nina Simone
Je parlais du jazz instrumental, effectivement sur du jazz vocal j'aime plus de choses.
Baker était pas mal vocal aussi.

Re: cimetière

Posté : 04 avr. 2020 15:09
par Bajkusa
J'avais pas conscience de tout ça en écoutant John Coltrane ou Ryo Fukui. J'espère que je ne fais rien de mal.

Re: cimetière

Posté : 04 avr. 2020 15:27
par Molko
Et Moi Je crois que déteste le jazz encore plus que le rap.
C'est dire.

Mais J'y connais rien en musique.

Re: cimetière

Posté : 04 avr. 2020 15:48
par Vltra
Bajkusa a écrit :J'avais pas conscience de tout ça en écoutant John Coltrane ou Ryo Fukui. J'espère que je ne fais rien de mal.
Faute avouée à moitié pardonnée, merci de t'être dénoncé.

Re: cimetière

Posté : 04 avr. 2020 17:59
par ronnie bird
arcisse a écrit :
Strummer a écrit :Billie Holiday
Nina Simone
Je parlais du jazz instrumental, effectivement sur du jazz vocal j'aime plus de choses.
Pat Metheny, Bill Frisell, Mingus...etc.

Re: cimetière

Posté : 04 avr. 2020 18:20
par Benoit Cauet
Alors pour préciser un peu, ça fait 15 ans que je bosse en horaires décalées, très souvent de nuit, et que j'accompagne mon service avec de la musique. En 2011, j'étais tombé sur une émission d'Inter qui s'appellait Black Liste, qui retraçait les parcours de musiciens afro-américains (si c'est bien le terme qui ne fait pas blanc dominant, hein, toutes mes excuses si ça me rend encor plus nazi que d'habitude).
Pour moi c'était terra incognita, ça m'a tenu deux ans, pas raté une seule fois, je me refaisais toutes les émissions de la semaine sur une seule nuit, et après j'écoutais des albums entiers. J'ai adoré cette période.

Bref je ne prétend pas être un spécialiste mondial, je ne sais même pas comment cette émission était considérée par les fans du genre, mais j'ai écouté entre autre un peu de jazz par ce biais.
Pas grand chose, je le concède, mais largement plus que ce que l'autre sale raciste d'Isaac écoutera de metal extreme de toute sa vie.


Vltra a écrit :Oui, c'est excessif, comme du Benco.
C'est bien la première fois qu'on me reproche ça tiens. Excessif, moi ? Hum. :oops:
Vltra a écrit :Sur certains sets, c'est comme si les bons élèves passaient leurs gammes à tour de rôle, sous les applaudissements machinaux et les interjections falsifiées du public. L'étonnement est carrément contrefait et l'émotion corrompue jusqu'à l'os.
Anecdote.
Il y a 3 ou 4 ans, j'étais avec mon beau frère à un festival de jazz, à St Emilion, venu voir une "pépite" de notre connaissance, le jeune Tom Ibarra, invité sur scène par le grand Marcus Miller. (Pépite entre guillement, puisque lui ne se considère absolument pas comme tel...)
Tonnerre d'applaudissement de la petite cours en costard et du parterre de fins connaisseurs présents autour de nous.

De l'avis des musiciens après coup?

C'était raté et très chiant.

Isaac a écrit :Benco ; outrance facile ; vrai dédain
Puis
Isaac a écrit :amateurs de brame transgenres du cirque Pinder ; proche de nos amis les animaux
:banane: :banane:

Mais relis bien ma "saillie", je parlais aussi de public d'ignares et de petits bourgeois confis dans leur minuscule zone de confort, persuadés de tenir le graal et expédiant au panier tout ce qu'ils ne comprennent pas. Zero curiosité, zéro culture, rien à part leur petit nombril. C'était pour toi, rigolo.

Je passe sur le parrallèle jazz = cadre/éducation", contrairement au village gaulois de crétins complets qui regroupe tout ce que tu n'aime pas j'imagine.

Quand à mon mépris facile et aveugle envers tout ce qui est "académique", c'est vraiment très bien vu. Vraiment. Bravo, on ne m'avais jamais aussi bien cerné.






Re: cimetière

Posté : 04 avr. 2020 18:42
par arcisse
Chouette ambiance :)

Re: cimetière

Posté : 04 avr. 2020 18:47
par Strummer
Et encore ce trouducul de Graham a disparu des radars (grand bien nous fasse)