Simply the Best a écrit:
Concernant le reste de ton discours, je suis d'accord avec ton constat mais force est de constater que depuis 20 ans la gauche n'a pas fait mieux que la droite.
Et pour cause ! Comme l'a souligné graham, une gauche qui applique les recettes libérales ne mérite en aucun cas cette appellation politique. Sur le problème du SMIC, tu raisonnes toujours en termes de contraintes économiques : preuve que dans une société libérale, le politique est à la botte de l'économie. Cette capitulation n'est pas récente, bien au contraire, mais elle nous apparaît douloureusement dans les périodes de crises (les années 1930, les "30 piteuses" dans lesquelles nous végétons toujours).
Les gouvernants ne sont donc que des marionnettes derrrière lesquelles les fils sont bel et bien détenus par les intérêts financiers et commerciaux. Or, si nous élisons des représentants qui n'ont aucune marge de manoeuvre réelle (en fait, qui n'ont aucune volonté de changer le système), à quoi bon continuer à les élire ? C'est intéressant de tenir des promesses pendant les campagnes qui ne peuvent être tenues par la suite : "oui, mais vous comprenez les critères de l'endettement retenus par l'UE, la loi du marché, (et autres fariboles) nous empêchent d'appliquer notre politique mes pauvres gens !" Un seul exemple de la paralysie du pouvoir : Chirac s'est bien ridiculisé en promettant tant de fois mordicus aux restaurateurs traditionnels une TVA à 5,5 %.
Tu nous a prouvé d'ailleurs par tes définitions qu'il n'y avait que l'épaisseur d'un papier à cigarettes entre la "droite" et la "gauche". Tu en as montré la meilleure des preuves en te déclarant de "gauche" tout en votant pour Sarkozy (et en le défendant bec et ongles sur ce forum depuis des mois). Après tout, si tu souhaites arriver à gauche en passant par Sarko, c'est ton choix, mais le chemin risque d'être tortueux ! Pour ma part je n'ai jamais entendu un slogan aussi sot que "travailler plus pour gagner plus", là où je préfèrerais "travailler équitablement pour gagner suffisamment (...pour vivre décemment)". Si le pouvoir politique n'est pas en mesure de réduire les injustices, alors permets-moi de ne plus lui accorder le moindre crédit. Tout homme de gauche est d'abord un "homme révolté", comme dirait Camus, face à ces injustices, là où tu me sembles être un homme résigné.
Dernière chose, puisque le sujet initial était consacré à l'éducation. Tu parles fort justement de l'échec des ZEP (les actuelles "ambition réussite"). Cependant, cet échec n'est pas à mettre en relation avec les "moyens" affectés. Car, qu'avons-nous fait depuis le début des années 1980 ? Nous avons certes mis des "moyens" matériels conséquents dans ces établissements. Mais cela reste dérisoire en comparaison des lycées huppés de centre-ville, où se concentrent les profs agrégés et anciens, c'est-à-dire ceux qui touchent le salaire le plus élevé. Une fois encore, on constate que les moyens réels (humains et financiers) concernent d'abord les bons établissements, là où les ZEP ont des profs inexpérimentés (néo-titulaires, contractuels, vacataires...) et où les équipes pédagogiques en place sont renouvelées à 100% ou presque tous les 2-3 ans, ce qui est dramatique pour mettre en place de vraies stratégies contre l'échec scolaire.