A propos de Kita, ce petit copier/coller sympathique :
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Il importe, pour bien appréhender la situation particulière du Lausanne-Sports, de comprendre l’état d’esprit des Lausannois et Vaudois vis-à-vis de leur club. Et pour cela, un retour de presque 20 ans en arrière me semble nécessaire. A la fin des années 80, un jeune LS bouscule tout sur son passage. La troupe entraînée par Barberis manque d’un fifrelin de se hisser sur le toit du football suisse. Les joueurs font rêver leur public, dont la plupart a été dégottée par le mage et découvreur de talents Bertine, qui va par exemple chercher Hottiger au FC Renens et Verlaat sur le banc de l’Ajax. Emmenés par un gamin de 20 ans, Stéphane Chapuisat, les bleus et blancs pratiquent alors un football offensif et spectaculaire, qui ravive les souvenirs des nostalgiques des «Seigneurs de la nuit» de 1965. L’équipe nationale comprendra à ce moment jusqu’à six Lausannois dans son cadre : Huber, Herr, Hottiger, Ohrel, Chapuisat et Douglas.
La lente décomposition du club commence tout de suite après cet âge d’or. Les piliers de l’équipe vont voir ailleurs en 1992, et Bertine leur emboîtera le pas une année après, au sortir d’un second tour catastrophique (3 victoires en 14 matches). L’engagement d’entraîneurs extraordinairement peu charismatiques (Duvillard et Trümpler, qui pourtant passeraient presque pour des rock stars à côté de Geiger), celui de nombreux joueurs auxquels le public avait du mal à s’identifier et des résultats en demi-teinte éloignèrent une partie des supporters. En quelques années, le LS redevint un club moyen, moins suivi. Dans ce championnat qui se déroulait selon la débilissîme formule Rumo - y’a vraiment des entonnoirs qui se perdent - le LS prit l’habitude de se qualifier dans les huit premiers (souvent en compagnie des trois autres romands Servette, Sion et Xamax... Ça semble si loin !) et de s’écrouler au second tour. Après être même passé par le purgatoire du tour promotion-relégation en 1996 (avec YB et FCZ... si si...), le club sort la tête de l’eau sous l’ère Kurz, et remporte même une Coupe en 1998. C’est alors que la caricature de banquier remet la présidence de la SA dans les mains mafieuses de Waldemar Kita. En quelques mois, celui-ci achève de dégoûter les Vaudois, sous le regard béat de Bernard Jaton, qu’on retrouvera tout penaud devant le juge au moment d’obtenir un sursis concordataire. Certes, sur le plan sportif, le LS renaît à une certaine ambition, réussissant l’exploit de remporter une deuxième Coupe en 1999, de se qualifier pour la finale de 2000, et de tenir tête à quelques grands d’Europe, notamment en éliminant rien moins que l’Ajax... Mais l’arrogance de Kita, sa façon inimitable d’engueuler les Vaudois, la faune Al Caponesque qui tourne autour du LS comme des étrons aspirés par le tourbillon de la chasse d’eau, la structure même du club - avec en gros une SA qui gère les actifs (valeur des joueurs) et une association qui gère les passifs (salaires) - et les guerres intestines entre le comité et le staff technique empêchent le public de s’enthousiasmer. En peu de temps, le LS pue tellement de la gueule que le verdict est sans appel : le 14 septembre 2000, le LS affronte Torpedo Moscou en Coupe UEFA devant 3'100 spectateurs. Kita s’en prend à la terre entière, ne supporte aucune remise en question d’un système qu’il sait pourri jusqu’à l’os, mène la guerre aux supporters et vire l’entraîneur Schürmann, avant de simplement siphonner les caisses, et de se barrer avec les plus-values des transferts de Masudi et autres. Une année après, le LS est relégué en LNB pour raisons financières, puis fait faillite en 2003.