Un peu de fact checking made in Le Forum, puisque c'est la mode.
Tout d'abord l'affirmation péremptoire à coup de bananes :
Simply the Best a écrit:
Nouveau renoncement d'Hollande
Comme le voulait Sarko,
le gouvernement socialiste va massivement baisser les charges patronales à hauteur de 40 milliards.C'est donc l'équivalent de 80 boucliers fiscaux qui seront donnés chaque année aux entreprises!!
Et les payeurs seront essentiellement les salariés et les retraités !!
Bienvenue à la CSG sociale.
Affirmation qui ne fait que reprendre sans le citer un article du Monde du même jour, mais en oubliant le conditionnel :
Le Monde a écrit:
Selon nos informations, les entreprises bénéficieraient d'un allégement du coût du travail d'une quarantaine de milliards d'euros, avec le basculement de cotisations employeurs sur un impôt large, la piste la plus sérieuse étant celle de la contribution sociale généralisée (CSG). Pour ne pas trop entamer le pouvoir d'achat des ménages, l'Elysée souhaite étaler ce transfert de charges sur la durée du quinquennat, à raison de 8 à 10 milliards d'euros par an.
Maintenant les faits :
Ce ne sont plus des conseillers de l'Elysée que l'on interprète, ou des confusions sur le sens des mots que l'on s'autorise, mais la parole réelle et authentique de celui ou ceux qui agissent après réflexions et retours des ballons sondes distillés comme celui cité ci-dessus :
toujours Le Monde a écrit:
Cette fois, c'est officiel : il n'y aura pas de " choc " pour améliorer d'un coup la compétitivité des entreprises françaises. Depuis la rentrée, François Hollande avait déjà distillé - en privé - ses doutes quant à l'opportunité d'une telle secousse. Jeudi 25 octobre, il a publiquement enterré le projet.
" Je déconseille (...) l'idée du choc, qui traduit d'avantage un effet d'annonce qu'un effet thérapeutique ", a déclaré le président de la République devant 3 000 chefs d'entreprise réunis par la banque des PME Oseo à Paris. De quoi provoquer une grosse déception dans le patronat, qui avait apprécié la promesse d'un " vrai choc de compétitivité " faite par Jean-Marc Ayrault en septembre, et exhortait les pouvoirs publics à ne pas y renoncer. Pas d'allégement massif des charges sociales, donc, même étalé sur la durée du quinquennat, la piste privilégiée il y a quelques semaines encore à l'Elysée. Trop coûteux, pour un résultat jugé trop incertain.
A l'Elysée, on pointe deux grands risques. A commencer par la récession que pourrait provoquer le relèvement de la CSG ou de la TVA, nécessaire pour compenser la baisse des charges. En outre, pareil allégement pourrait, en faisant remonter les profits des entreprises, pousser les syndicats à demander des hausses de salaires qui effaceraient en un an ou deux tout l'effet bénéfique initial. " Regardez l'Allemagne : le pays a d'abord fait de la modération salariale, et n'a allégé les charges que dans un deuxième temps ", plaide un conseiller.
Si le gouvernement n'a pas abandonné l'idée de réduire les charges sociales, le mouvement devrait être bien inférieur aux 30 milliards d'euros réclamés par le Medef. " On a examiné des scénarios allant de zéro à 60 milliards d'euros, confie-t-on à l'Elysée. Mais plus on avance, moins on est attiré par un gros basculement. "
Je ne me prononce pas sur le fond, je ne sais pas si le gouvernement a vraiment pensé à baisser les charges de 40M contre une hausse de la CSG, toujours est il qu'agiter des bananes est aussi stupide que de chourer un pain au chocolat à la récré.